Le dossier principal de ce deuxième numéro de Reflexos explore la notion de parcours dans le monde lusophone, envisagée dans ses dimensions littéraire, artistique, culturelle et identitaire. Les contributions réunies examinent les trajectoires individuelles et collectives, les déplacements géographiques et symboliques, ainsi que les itinéraires esthétiques et narratifs qui façonnent les œuvres et les expériences des créateurs.
Isabel Pinto, dans O Palco das Nações ou Percursos teatrais da diplomacia, analyse le théâtre comme vecteur de diplomatie culturelle, en montrant comment les représentations et tournées contribuent à la circulation des idées et des influences. Sabrina Sedlmayer, avec Deambulação por fragmentos: os diários de Vergílio Ferreira, étudie la fragmentation narrative des journaux intimes de l’écrivain portugais, révélatrice de ses parcours intellectuels et existentiels. Dans João Pedro Rodrigues et le parcours de vie d’une femme, Fernando Curopos examine les trajectoires féminines dans le cinéma de João Pedro Rodrigues, tandis qu’Armanda Manguito Bouzy, dans Parcours de femmes chez Ana de Castro Osório et Maria Archer, explore la manière dont les écrivaines construisent et déconstruisent les stéréotypes féminins à travers leurs personnages. Ana Lúcia Lima da Costa, dans O papel da tradução no percurso da literatura de Machado de Assis, montre comment la traduction participe de la diffusion et de la réception internationale de l’œuvre, influençant son parcours littéraire. Haci-Maria Farina, à travers Une pause au cours du voyage : « A Estória de Lélio e Lina », analyse les pauses narratives qui structurent le parcours existentiel et symbolique des personnages de João Guimarães Rosa. Vinicius Mariano de Carvalho, dans Mario Quintana, um eclético sincrético na literatura brasileira, met en lumière l’éclectisme et la synthèse des influences dans le parcours poétique de l’auteur brésilien. Estevão Andozia Azevedo, avec Menina a caminho: a narrativa do desejo emoldurado, interroge le désir comme moteur narratif structurant les trajectoires des personnages, tandis que Sara Augusto, dans A chave de casa : histórias de imigração na ficção de Tatiana Salem Levy, étudie les parcours migratoires et identitaires. Sabrina Medouda, à travers Delehta pulos na vida : une mise en récit de parcours mozambicains, met en avant l’articulation entre expériences individuelles et collectives dans la fiction mozambicaine contemporaine. Adriana Elisabete Bayer, dans Conceição Lima: a poética cartografia que contesta a resignação e o silêncio, explore la cartographie poétique comme outil de réappropriation et de contestation de l’espace et de la mémoire. Enfin, Sebastião Marques Cardoso, avec Em louvor à crioulização: a experiência do abismo em Abdulai Sila, et Elena Brugioni et Marie-Manuelle Da Silva, dans Cartographies et itinéraires postcoloniaux. Langues, communautés et imaginaires, interrogent les parcours identitaires, linguistiques et culturels dans des contextes postcoloniaux, en soulignant les dynamiques de créolisation et les circulations imaginaires dans la communauté lusophone.
La rubrique Varia, indépendante du dossier principal, rassemble des études variées sur des questions littéraires, historiques et poétiques. Christophe Gonzalez, dans Jeu et portée des espaces culturels : l’expression de la spécificité portugaise sous la monarchie dualiste : l’Elogio de poetas lusitanos, analyse la construction de l’identité culturelle portugaise au prisme de la littérature et du contexte historique. Emmanuelle Guerreiro, avec Le roman Conspiração de Tomé Vieira : la Fiction au service de la Propagande Salazariste, montre comment la fiction a pu servir la propagande politique pendant la dictature de Salazar. Leonor Martins Coelho et Thierry Proença dos Santos, dans A formula fiction segundo Ana Teresa Pereira, explorent les structures narratives et leur influence sur la perception des parcours des personnages. Carlos Méro, à travers Uma negra fulô e dois olhares poéticos, propose une lecture comparative de deux visions poétiques autour de l’expérience noire, tandis que Paulo Teixeira Iumatti et Julio César De Oliveira Vellozo, dans Conhecimento, política e instituições no Brasil (1889-1934), retracent l’articulation entre savoir, politique et institutions dans le Brésil de la Première République.
La section Fictions présente des créations littéraires originales. Teresa Cristina Duarte-Simões et Luiz António Alves de Almeida, dans Trajano e outros da Silva, explorent des trajectoires personnelles et sociales au sein de récits qui mêlent perspectives individuelles et collectives. João Esteves Pinto, avec Malangatana O homem que recusou odiar ou O longo caminho do olhar, suit le cheminement existentiel et émotionnel d’un personnage confronté à l’histoire et à la mémoire, conjuguant réflexion personnelle et dimension politique.
Enfin, la rubrique Compte-rendu présente un texte de Cristina Duarte-Simões, Pathé-Baby, Antônio de Alcântara Machado – Tradução e apresentação de Antoine Chareyre, qui analyse et évalue l’édition française de Pathé-Baby d’Antônio de Alcântara Machado, traduite et annotée par Antoine Chareyre, et accompagnée d’une longue postface contextualisant l’œuvre pour le public francophone.
