Des airs genrés ?

Études de genre en aéronautique

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Le succès rencontré par le second volet de Top Gun rappelle l’attrait de l’aviateur glorieux, téméraire, non conformiste, séducteur, monté sur des bolides (motos et avions) toujours plus rapides et prêt à dépasser les limites admises par ses contemporains. Si une femme s’est bien glissée au sein d’un des cockpits, Tom Cruise et ses pairs marquent une nouvelle fois le triomphe des hommes musclés, en Ray-Bans et blousons de cuir, séducteurs aux commandes des avions de chasse1. Dans le même temps, une rapide recherche internet à partir des mots clés « hôtesses de l’air » permet d’observer nombre d’articles, plus ou moins sensationnalistes, gravitant autour du thème du genre en renvoyant ces travailleuses au potentiel sexuel de leur corps : une hôtesse d’Air France accusant des pilotes de « viol verbalisé2 », un scandale sexuel agitant en interne Transavia en 2016, des agressions sexuelles répétées sur des membres du cabin crew au cours d’un vol low cost de la Frontier Airlines en 20213… Il est frappant de constater la force des rapports qui lient le personnel navigant au système de genre et dont l’analyse ne pourrait faire l’économie d’une approche historique. C’est en fait tout le secteur de l’aéronautique qui compose avec les représentations genrées, particulièrement incarnées à travers les figures emblématiques que sont les pilotes, bastions de l’héroïsme masculin d’une part, et les hôtesses de l’air, archétypes d’une féminité célébrée autant que fantasmée d’autre part. Ces dernières ont déjà donné lieu à quelques travaux, notamment dans la littérature anglophone, dans laquelle l’analyse sociohistorique au prisme du genre paraît davantage installée4. Ce dossier souhaite approfondir ces connaissances, sans pour autant se réduire à une compilation de données sur les différentes professions composant le monde de l’aéronautique. Il s’agit davantage d’explorer comment un objet social aussi massif que l’aviation s’articule au système de genre de manière structurelle.

Les pilotes aux commandes : s’élever et dominer

Le renouveau historiographique apporté par les études culturelles permet d’envisager le ballon, puis l’avion et la fusée, comme les artefacts centraux d’une culture aéronautique, située en plein cœur de l’appareil discursif construisant la modernité depuis plus de deux siècles5. Vitrine de l’essor technologique occidental, marque de la puissance militaire et impériale, témoin de l’élargissement du monde et de la contraction des distances : la machine volante exerce une influence majeure sur son environnement socioculturel, depuis les premiers aérostats de 1783 jusqu’aux Airbus paralysés pour cause de pandémie mondiale. La richesse de ce terrain d’étude explique le développement d’une littérature francophone qui s’est détournée progressivement de la stricte histoire économique ou militaire. La revue Nacelles fondée en 2016 valorise ainsi le mélange disciplinaire et historiographique afin d’appréhender l’aérien dans une perspective globale, à la fois source et réceptacle des discours construisant nos sociétés actuelles. Parmi les études portant sur ces discours, peu sont pourtant consacrées à la dimension genrée du domaine aérien, et plus rares encore sont ceux à réellement mobiliser les outils conceptuels que fournissent les gender studies.

Capitalisant sur plus de vingt-cinq années de recherches personnelles, l’article que signe Luc Robène pour ce dossier s’inscrit ainsi dans cette démarche d’analyser les aérostières dans une perspective intersectionnelle. Il montre que les femmes n’étaient pas rares parmi les aéronautes du début du xixe siècle, avant que la spectacularisation et le développement de la pratique en sport ne transforment le rapport à l’ascension en ballon6. Après que la fuite de Gambetta hors de Paris en ballon a fait de l’aérostat un symbole patriotique moderne en octobre 1870, les aéronautes de la seconde moitié du siècle entretinrent une forme de distinction aristocratique à travers cette pratique élitiste, associant sport et aventure tout en affirmant le contrôle et la canalisation de « l’élan vital » pour servir un intérêt supérieur, celui de l’humanité, comme l’a récemment confirmé la thèse de Patrick de Oliveira. Au temps de l’héroïsation des aéronautes, parés de vertus viriles, l’ascension en ballon est perçue de façon croissante au prisme du genre et de l’éventuelle transgression de ses injonctions par les femmes qui, quand elles intègrent la culture aéronautique, sont a priori confinées au rôle de (pro)créatrices d’une nouvelle génération d’aéronautes masculins7. C’est ce même rôle qui est proposé aux aviatrices par le régime nazi en consolidation dans la seconde moitié des années 19308. La force de la synthèse proposée par ce dossier consiste à mettre en évidence ces continuités plus ou moins marquées dans la culture aéronautique occidentale, des aéronautes aux astronautes en passant par les aviateurs.

En tant que sportifs dont la figure s’affirme dans la culture médiatique « fin de siècle », à un moment de crise perçue et de potentielle remise en question de la domination masculine, l’aéronaute puis l’aviateur actualisent « l’image de l’homme » et procurent de nouveaux modèles de masculinité aux jeunes élites occidentales9. Le contrôle du corps et de la machine, le goût de l’effort physique et la manifestation de puissance, la maîtrise de la destinée validée par la confrontation aux dangers sont autant de caractères virils que donne à voir l’aviateur à ses contemporains. La figure du pilote apparaît ainsi comme un avatar particulièrement évident de la masculinité hégémonique théorisée par Raewyn Connell pour désigner la forme dominante et prescriptive de masculinité dans l’espace social10. Cette masculinité est articulée à des formes alternatives de masculinités et de féminités qui se définissent aussi par rapport à ce système dominant de représentations et peuvent le contester en revendiquant une relative émancipation des injonctions patriarcales. Par leurs performances mécaniques, les « femmes de l’air » associées dans La Stella avant 1914, puis les aviatrices de l’entre-deux-guerres, en sont des exemples qu’observent à diverses échelles dans ce dossier les contributions de Luc Robène, Damien Accoulon et Laure Bouglé.

René Schilling a le premier mobilisé la figure du célèbre pilote allemand Manfred von Richthofen pour la comparer et montrer ce qu’elle doit à quelques modèles de « masculinité héroïque » antérieurs dans le monde germanophone11. Croisant les modèles héroïques anciens avec la modernité technique, l’aviateur procure un modèle relativement stable de masculinité héroïque dans un contexte de reconfiguration des structures de genre. L’autonomie d’action affichée par les pilotes dans le ciel d’une guerre industrielle engageant les masses entretient une distinction et une mystique des âmes fortes qui saisissent leur destin, comme le développe dans ce dossier l’article de Damien Accoulon. L’étude de l’héroïsation des « chevaliers de l’air » (Ritter der Luft) et de leur mythification entre-deux-guerres permet cependant de mettre en évidence la dimension évolutive de la masculinité de l’aviateur selon les contextes sociopolitiques, ce qui apparaît particulièrement dans le cas des régimes fascistes et nazis, qui en font un exemple d’« homme nouveau12 ». Par le croisement des identités civiles et militaires qui s’y est opéré, la Grande Guerre a constitué une étape décisive dans la consolidation du rapport sexué à la technologie et la mécanique aéronautiques qui sont, comme d’autres marqueurs de la virilité, devenues rapidement des catalyseurs d’une expression essentialisée de la masculinité13. Les raids aériens et le défrichement des lignes aériennes entre-deux-guerres participent ainsi à prolonger cette masculinité héroïque par le dépassement des limites humaines et techniques14.

Si un archétype de l’aviateur se dessine sur des bases relativement similaires en Europe de l’Ouest, de nombreuses nuances sont observées par Martin Francis à partir d’une analyse sophistiquée des représentations de « l’aviateur » (The Flyer) de la Royal Air Force (RAF) dans la société britannique au temps de la Seconde Guerre mondiale. L’individualisme et l’indépendance revendiquée, un dandysme certain et la consommation d’alcool façonnent ainsi l’attraction d’un univers masculin homosocial. L’aviateur de la Seconde Guerre mondiale apparaît ainsi comme un des (derniers ?) avatars de la passion pour le vol avant sa dépersonnalisation et sa banalisation dans la cadre de l’aviation commerciale après-guerre15. Alors que la maîtrise et le pilotage des machines modernes occupent une place centrale dans la construction de la masculinité de l’aviateur, l’automatisation croissante des commandes des appareils semble participer, sinon d’une crise de la virilité des pilotes comme le suggérait l’auteur américain Tom Wolfe au sujet des premiers astronautes, tout au moins d’une reconfiguration de cette masculinité à partir d’autres attributs à l’importance renforcée, telle la maîtrise technique16.

Genre et relations de pouvoir : empires et femmes

Plusieurs travaux récents ont lié les études de genre à l’impérialisme britannique dans le contexte de l’aéronautique civile entre-deux-guerres. Ils analysent en particulier la place des femmes au sein de ces espaces extraoccidentaux, perçus comme périphériques. La marginalisation des femmes dans la culture aéronautique y apparaît d’autant plus nettement que ces territoires marginaux offrent quelques interstices pour une relative émancipation, les questionnements de genre y croisant ceux des origines17. Cet appui sur les gender studies pour étudier les figures marginales que constituent les aviatrices dans la culture aérienne demeure cependant relativement rare. En effet, la série d’ouvrage initiée par le Smithsonian National Air and Space Museum dès la fin des années 1970 s’avérait novatrice par son objet – les femmes dans le domaine aéronautique – et ouvrait un champ sur le cas particulier des États-Unis18. Depuis, l’historiographie en langue anglaise a tendu à analyser les aviatrices selon trois prismes majeurs listés par Liz Millward19. Le premier s’appuyait sur les travaux fondateurs de Joseph Corn qui, étudiant le rapport de la société nord-américaine à l’aviation, montraient que les femmes avaient été employées par les compagnies d’aviation commerciale comme un moyen de « domestiquer » l’avion et démontrer la sécurité des appareils entre-deux-guerres20. Le deuxième prisme consiste à étudier les « femmes de l’air » en assimilant la mobilité aérienne à celle du genre. En s’imposant dans les airs dominés par les hommes, les aviatrices démontreraient ainsi, par leurs performances, leurs capacités et participeraient de l’émancipation progressive de la femme nouvelle entre-deux-guerres21. Essentiellement basée sur les représentations, ce type d’analyse s’est avérée fructueuse, mais semble avoir manqué le caractère pratique des situations dans lesquelles se trouvaient les acteurs – en particulier leurs contextes socio-économiques. Le troisième prisme s’est intéressé aux femmes aviatrices pour leur dimension spectaculaire au temps de la médiatisation renforcée de la pratique aérienne. Il a permis de souligner la marginalisation dont ont fait l’objet ces quelques femmes, maintenues dans une situation de précarité économique entre-deux-guerres.

Ce dernier angle est celui privilégié par Siân Reynolds pour écrire son analyse pionnière des aviatrices françaises entre-deux-guerres, notamment menée à partir de l’étude détaillée des fonds de la bibliothèque Marguerite Durand22. Complété dans une certaine mesure par des contributions de Guillaume de Syon pour l’aviation civile ou Marie-Catherine Villatoux pour l’aviation militaire, son chapitre appelle une étude systématique et approfondie des aviatrices françaises, au-delà du seul entre-deux-guerres23. Dans cette perspective, les portraits composés hors du champ académique, par leur collecte et mise en regard d’un nombre important de sources, offrent de nombreuses pistes aux analyses universitaires24. Ainsi, en croisant les sources publiées aux archives personnelles d’Hélène Boucher, Laure Bouglé offre une étude de cas aussi neuve que détaillée du parcours de l’emblématique aviatrice française. En témoignant de la porosité entre les représentations militaires, les représentations de l’identité nationale et les représentations de l’identité féminine, son article montre que l’articulation entre le système de genre et l’aéronautique opère à différents niveaux au début des années 1930.

Les travaux de thèse d’Evelyn Zegenhagen-Crellin ont permis d’identifier sur des bases similaires les situations de quelque cent quatre-vingts aviatrices actives en Allemagne entre 1918 et 1945 – un nombre très supérieur aux estimations des études précédentes25. La comparaison et la mise en dialogue des historiographies doivent permettre d’enrichir l’analyse de l’histoire aéronautique selon les contextes. Les inspirations sont ainsi nombreuses à la lecture du collectif orchestré par le musée Zeppelin de Friedrichshafen en 2004 au sujet des « sœurs d’Icare », riche de contributions novatrices et qui esquisse les contours d’une histoire socioculturelle des femmes dans l’aéronautique26. Les outils conceptuels des études de genre permettent d’envisager un approfondissement et un développement de ces perspectives pour les inscrire dans l’univers plus vaste d’une culture aéronautique genrée.

Dans la cabine : usagers et professionnel·le·s à l’ère de la réaction

À mesure que l’avion s’affirme comme le moyen de transport privilégié de la mondialisation d’après-guerre, l’hôtesse de l’air occupe un espace médiatique important en devenant l’égérie commerciale de la plupart des grandes compagnies aériennes. Elle contribue ainsi à renforcer l’aspect glamour de l’aviation à réaction des années 1960, devenant un vecteur clé de l’imaginaire de la Jet Sex dont les symboles se diffusent bien au-delà du cercle restreint des consommateurs de l’avion27. Le couple pilote/hôtesse fabrique encore des imaginaires liés à l’aviation, comme en témoignent des productions cinématographiques récentes. Ainsi de la série télévisée Pan Am, au succès mitigé, qui réinvestit l’image sexy de l’hôtesse des années 1960, tandis que la série Top Gun (1986, 2022) ou, à une autre échelle, Les Chevaliers du ciel (2005), poursuivent la lignée ouverte par Wings (1927) et consacrent l’héroïsme des pilotes à l’aide de scènes aériennes époustouflantes, mélangeant vitesse, dangerosité et contrôle28. La centralité médiatique de ces deux figures invisibilise par ailleurs, pour une large part, toutes les autres professions qui composent le monde large et divers de l’aéronautique, particulièrement celles des femmes29. Un des enjeux fondamentaux de l’histoire du genre est de réhabiliter l’existence de figures féminines extraordinaires – comme les femmes pilotes du premier XXe siècle – ainsi que l’ensemble des salariées ordinaires, dont l’absence du récit historique est souvent aggravée par le silence des archives30. Le récent ouvrage de Nathalie Lapeyre démontre par ailleurs que la féminisation du personnel d’Airbus, pourtant à l’agenda politique de l’entreprise, contribue à l’essentialisation genrée des qualités professionnelles et renferme ainsi les femmes dans des rôles productifs prédéfinis : les femmes sont davantage présentes dans l’encadrement intermédiaire et les ressources humaines31. Certains de ces rouages sexistes proviennent en partie de la culture aéronautique qu’on pourrait réduire à la formule suivante : « If women were meant to fly, the sky would be pink32 ».

Pour autant, passer l’histoire de l’aviation au crible du genre ne consiste pas seulement à sortir de l’invisibilité le travail féminin. Joan W. Scott rappelle qu’« établis comme un ensemble objectif de références, les concepts de genre structurent la perception et l’organisation, autant concrète que symbolique, de toute la vie sociale33 ». La relation dynamique qu’entretiennent le féminin et le masculin se superpose aux autres interactions sociales, ce qui est notamment observable dans les rapports hiérarchiques qui composent le monde du travail. Depuis cette perspective, l’univers restreint de la cabine devient un territoire d’observation original pour l’histoire sociale : les éthos professionnels qui s’y développent au cours de la deuxième moitié du xxe siècle sont largement investis par des identités de genre culturellement marquées, interconnectées entre elles et se reconfigurant les unes par rapport aux autres. Observer les relations entre pilotes, hôtesses et stewards donne du relief à la théorie de Raewyn Connell, car il est impossible d’appréhender la formation d’un avatar de la masculinité hégémonique, comme le pilote, en faisant abstraction des réalités professionnelles qui le lient aux autres membres de l’équipage et à la clientèle (rapport de commandement sur l’hôtesse et le steward, responsable de la sécurité des passagères et passagers, etc.). Cette piste analytique n’a pas encore trouvé de résolution, mais différents travaux lui confèrent déjà une épaisseur historique non négligeable, notamment lorsqu’on considère le personnel navigant commercial. Ainsi de Phil Tiemeyer qui analyse la situation des stewards des compagnies aériennes américaines comme celle de queers dans une profession identifiée comme homosexuelle dès sa formalisation dans les années 1930. Les réactions à la masculinité alternative de ces stewards et leurs luttes permettent de mettre en évidence les ressorts d’une culture aérienne hétéronormée et de mieux saisir les discriminations sexuelles et raciales à l’œuvre dans les États-Unis du second xxe siècle34. Dans les pages de ce dossier, l’article de Tom Dufour interroge le savoir-être de l’hôtesse de l’air d’Air France depuis l’action rationnelle de l’entreprise. La diffusion commerciale du mythe, fait de sollicitude, de disponibilité et d’érotisme découle d’un processus historique de sélection, de formation et d’encadrement.

Dans un environnement professionnel progressivement dégradé par l’irruption du low cost, cette commercialisation de l’image du personnel navigant ne se fait pas sans susciter des résistances35. Les travaux de Louis-Marie Barnier ont révélé la tension inhérente au groupe professionnel du personnel de cabine, dont la fonction oscille structurellement entre un impératif de sécurité (compétences valorisées) et un rôle d’agent commercial, qui tend à déqualifier leur statut au regard des syndicats. L’article qu’il propose dans ce dossier permet ainsi de réévaluer la place du corps des hôtesses dans cette évolution, dont la publicisation excessive impacte leur environnement professionnel.

Ce dossier offre une suite réflexive et approfondie aux échanges qui ont motivé la journée d’étude du 22 octobre 2020, tenue à la Maison de la recherche de l’université Toulouse-Jean Jaurès. Comble politique pour une publication sur le genre, la composition paritaire initiale des contributrices et contributeurs sollicités n’a malheureusement pas résisté au retour des évaluations en double-aveugle qui laissent, au regret des coordinateurs du dossier, un ratio hommes/femmes nettement déséquilibré. À mauvais coup du sort s’ajoute toutefois bon espoir : la plupart n’étant qu’au début de leur parcours de recherche, on peut espérer un fleurissement d’initiatives similaires et, à terme, un avancement certain dans la production de savoir scientifique. Rappelons-le, les outils analytiques fournis par les études de genre n’ont pas vocation à se limiter à des champs d’application spécifiques. Les déployer sur de nouveaux terrains d’étude permet d’en rénover notre compréhension. Ainsi pour ce dossier au prisme du genre, des aéronautes aux hôtesses de l’air, c’est un pan entier de la culture aéronautique qui se donne désormais à lire.

Notes

1 Mendelson Scott, « Top Gun: Maverick Box Office: Tom Cruise Sequel Passes $600 Million Worldwide » Forbes, 8 juin 2022, <https://www.forbes.com/sites/scottmendelson/2022/06/08/movies-tom-cruise-top-gun-maverick-tops-600m-at-worldwide-box-office> consulté le 09/06/2022 ; Kosinski Joseph, Top Gun: Maverick, États-Unis, Paramount Pictures, 2022. Return to text

2 « “C’était un viol verbalisé”: le témoignage d’une hôtesse qui accuse des pilotes d’Air France », RMC-BFM, 24 mai 2022, <https://rmc.bfmtv.com/actualites/societe/transports/c-etait-un-viol-verbalise-le-temoignage-d-une-hotesse-qui-accuse-des-pilotes-d-air-france_AV-202205240181.html> consulté le 13/06/2022. Return to text

3 Domenech Alexandra, « Deux hôtesses de l’air d’Aeroflot refusent de se soumettre aux diktats esthétiques et gagnent », TV5 Monde, 20 septembre 2017, <https://information.tv5monde.com/terriennes/deux-hotesses-de-l-air-d-aeroflot-refusent-de-se-soumettre-aux-diktats-esthetiques-et> consulté le 31/05/2022 ; « Scandale sexuel chez Transavia », La Dépêche, 12 octobre 2016, <https://www.ladepeche.fr/article/2016/10/12/2437884-scandale-sexuel-chez-transavia-hotesse-air-envoyait-air-cockpit-notait.html> consulté le 31/05/2022 ; Burke Minyvonne, « Passenger duct tape man to seat after in-air fight on Frontier Airline plane », NBC News, 3 août 2021, <https://www.nbcnews.com/news/us-news/passengers-duct-tape-man-seat-after-air-fight-frontier-airlines-n1275862> consulté le 31/05/2022. Return to text

4 Voir notamment l’ouvrage de Barry Kathleen M., Femininity in Flight: A History of Flight Attendants, Durham, Duke University Press, 2007, 304 p. Return to text

5 Citons en particulier : Wohl Robert, A Passion for Wings: Aviation and the Western Imagination, 1908-1918, New Haven, Yale University Press, 1994, 320 p. ; Asendorf Christoph, Super Constellation-Flugzeug und Raumrevolution: die Wirkung der Luftfahrt auf Kunst und Kultur der Moderne, Wien, Springer, 1997, 371 p. ; Wohl Robert, The Spectacle of Flight: Aviation and the Western Imagination, 1920-1950, New Haven, Yale University Press, 2005, 364 p. ; Roseau Nathalie et Thébaud-Sorger  Marie (eds.), L’Emprise du vol. De l’invention à la massification, histoire d’une culture moderne, Genève, MetisPresses, 2013, 202 p. Return to text

6 En plus de l’article offert dans ce dossier, voir en particulier à ce sujet : Robène Luc, « Vers la création d’un sport féminin : des filles de l’air aux aéronautes », in Arnaud Pierre et Terret Thierry (eds.), Histoire du sport féminin, Paris, L’Harmattan, 1996, vol. 1, p. 165‑184 ; Robène Luc, L’Homme à la conquête de l’air : des aristocrates éclairés aux sportifs bourgeois, Paris, L’Harmattan, 1998, vol. 1, p. 378‑390 ; Robène Luc, L’Homme à la conquête de l’air : des aristocrates éclairés aux sportifs bourgeois, Paris, L’Harmattan, 1998, vol. 2, p. 168‑185. Return to text

7 de Oliveira Patrick Luiz Sullivan, The Ascending Republic: Aeronautical Culture in France, 1860-1914, PhD Dissertation, Princeton University, Princeton, 2018, p. 240‑284. Return to text

8 Zegenhagen Evelyn, « Schneidige deutsche Mädel »: Fliegerinnen zwischen 1918 und 1945, Göttingen, Wallstein, 2007, p. 219‑238. Return to text

9 Mosse George L., The Image of Man: The Creation of Modern Masculinity, New York, Oxford University Press, 1996, 240 p. Return to text

10 Connell Raewyn, Masculinities, 2e éd., Berkeley, University of California Press, 2005, 324 p. ; Connell Raewyn, Masculinités : Enjeux sociaux de l’hégémonie, traduit par Claire Richard et al., Paris, Éd. Amsterdam, 2014, 288 p. Return to text

11 Schilling René, « Kriegshelden »: Deutungsmuster heroischer Männlichkeit in Deutschland 1813-1945, Paderborn, Ferdinand Schöningh, 2002, p. 226s. Return to text

12 Schüler-Springorum Stefanie, « Vom Fliegen und Töten. Militärische Männlichkeit in der deutschen Fliegerliteratur, 1914-1939 », in Hagemann Karen et Schüler-Springorum Stefanie (eds.), Heimat-Front. Militär und Geschlechterverhältnisse in Zeitalter der Weltkriege, Frankfurt am Main & New York, Campus, 2002, p. 208‑233 ; Szczepaniak Monika, « “Ritter der Lüfte”: Der Kampfflieger als (post)heroische Männlichkeitskonstruktion », in Glunz Claudia et Schneider Thomas F. (eds.), Wahrheitsmaschinen: Der Einfluss technischer Innovationen auf die Darstellung und das Bild des Krieges in den Medien und Künsten, Göttingen, V & R Unipress, 2010, p. 241‑252. Voir aussi l’analyse de la rhétorique aéronautique anglophone opérée par Katie Brown dans sa thèse, qu’elle résume dans ce numéro thématique. Brown Katie L., The End of Gentlemanly Warfare? Gendered Language and Great Britain’s Evolving Arguments for Strategic Bombing, 1920-1945, PhD Thesis, University of Akron, Akron, 2021, 239 p. Return to text

13 d’Abzac-Épezy Claude, « Les héros de l’air. Figures et nouveaux modèles de masculinité dans la première moitié du 20e siècle », in Roseau Nathalie et Thébaud-Sorger  Marie (eds.), L’Emprise du vol, op. cit., p. 31‑42. Return to text

14 Cronin Marionne, « Richard Byrd, Technological Explorer: Polar Exploration, the Machine, and Heroic Masculinity in Interwar America », Technology and Culture, vol. 57, n° 2, 2016, p. 322‑352. Return to text

15 Francis Martin, The Flyer: British Culture and the Royal Air Force, 1939-1945, Oxford, Oxford University Press, 2008, 287 p. Return to text

16 Wolfe Tom, The Right Stuff, New York, Farrar, Straus, and Giroux, 1979, 436 p. ; Wolfe Tom, L’Étoffe des héros, traduit par Paule Guivarch, Paris, Gallimard, 1982, 544 p. Return to text

17 Millward Liz, Women in British Imperial Airspace, 1922-1937, Montreal, McGill-Queen’s University Press, 2008, 249 p. ; Hemmings Robert, « Modernity’s Object: The Airplane, Masculinity, and Empire », Criticism, vol. 57, n° 2, 2015, p. 283‑308 ; Rea Ann, « “True Blue Heroines”: The 1930s Aviatrix and Eccentric Colonial Femininity », in McCluskey Michael et Seaber Luke (eds.), Aviation in the Literature and Culture of Interwar Britain, London, Palgrave Macmillan, 2020, p. 159‑178. Ces travaux renvoient plus largement au débat sur l’import des outils de la Critical Race Theory dans les études francophones. Voir à ce sujet : AubertIsabelle et Bessone Magali, « Une réception francophone de la Critical Race Theory est-elle possible ? », Droit et société, vol. 108, n° 2, 2021, p. 279‑285 ; Doron Claude-Olivier et Haddad Élie, « Race et histoire à l’époque moderne », Revue d’histoire moderne & contemporaine, vol. 68‑2, n° 2, 2021, p. 7‑34. Return to text

18 Oakes Claudia M., United States Women in Aviation through World War I, Washington D.C., Smithsonian Institution Press, 1978, 44 p ; Brooks-Pazmany Kathleen L., United States women in aviation, 1919-1929, Washington, D.C., Smithsonian Institution Press, 1991, 57 p. ; Oakes Claudia M., United States women in aviation, 1930-1939, Washington, D.C., Smithsonian Institution Press, 1985, 70 p. ; Douglas Deborah G., United States women in aviation, 1940-1985, Washington, D.C., Smithsonian Institution Press, 1990, 142 p. Ce dernier volume a cependant été révisé et substantiellement augmenté une décennie plus tard : Douglas Deborah G., American Women and Flight since 1940, Lexington, University Press of Kentucky, 2004, 359 p. Voir la recension proposée par Louise Francezon dans ce numéro thématique. Return to text

19 Millward L., Women in British Imperial Airspace, op. cit., p. 8‑9. Return to text

20 Corn Joseph J., « Making Flying “Thinkable”: Women Pilots and the Selling of Aviation, 1927-1940 », American Quarterly, vol. 31, n° 4, 1979, p. 71‑90 ; Corn Joseph J., « Making Flying “Thinkable”: Women Pilots and the Selling of Aviation », in The Winged Gospel: America’s Romance with Aviation, éd. rev., Baltimore & London, Johns Hopkins University Press, 2002, p. 71‑90. Return to text

21 Voir par ex. DeLyser Dydia, « Flying: Feminisms and Mobilities – Crusading for Aviation in the 1920s », in Cresswell Tim et Merriman Peter (eds.), Geographies of Mobilities: Practices, Spaces, Subjects, Farnham, Ashgate, 2011, p. 83‑98 ; Blais Catherine, Une route à soi: cyclistes, automobilistes et aviatrices, 1890-1940, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2020, p. 321‑445. Return to text

22 Bibliothèque Marguerite Durand, DOS 629 Avi, « Femmes dans l’aviation », <https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0002219630.locale> consulté le 09/02/2022. Reynolds Siân, « “A slip of a girl can fly it”: The false promises of aviation », in France Between the Wars: Gender and Politics, London, Routledge, 1996, p. 65‑82. Return to text

23 de Syon Guillaume, « Engines of Emancipation? Women’s Flying Clubs before World War II », in Meighörner Wolfgang, Vogel Heike et Waibel Barbara (eds.), Frau und Flug: die Schwestern des Ikarus, Marburg, Jonas Verlag, 2004, p. 198‑209 ; de Syon Guillaume, « The Female Flier as National Icon in Interwar France », in Moore Alison M. (ed.), Sexing Political Culture in the History of France, Amherst, NY, Cambria Press, 2012, p. 205‑220 ; Villatoux Marie-Catherine, « Femmes et pilotes militaires dans l’armée de l’Air », Revue Historique des Armées, n° 272, 2013, p. 12‑23. Return to text

24 Plusieurs ouvrages sont particulièrement riches sur les plans documentaires et iconographiques, offrant un premier appui pour de plus amples recherches, par exemple sur une base prosopographique. Signalons notamment : Nicolaou Stéphane et Mismes-Thomas Elizabeth, Aviatrices : un siècle d’aviation féminine française, Levallois-Perret, Altipresse, 2004, 189 p. ; Pelletier Alain, Les filles d’Icare : histoire mondiale des aviatrices, Antony, E-T-A-I, 2011, 191 p. ; Marck Bernard, Les aviatrices : Des pionnières aux cosmonautes, Paris, L’Archipel, 1993, 387 p. ; Id., Elles ont conquis le ciel : 100 femmes qui ont fait l’histoire de l’aviation et de l’espace, Paris, Arthaud, 2009. Return to text

25 Pfister Gertrud, Fliegen – ihr Leben: die ersten Pilotinnen, Berlin, Orlanda-Frauenverl, 1989, 240 p. ; Fell Karolina Dorothea, « Im Flug: Neue Perspektiven? », in Kalkuliertes Abenteuer: Reiseberichte deutschsprachiger Frauen 1920-1945, Stuttgart, J.B. Metzler, 1998, p. 203‑246 ; Zegenhagen E., « Schneidige deutsche Mädel », op. cit. Return to text

26 Meighörner Wolfgang, Vogel Heike et Waibel Barbara (eds.), Frau und Flug: die Schwestern des Ikarus, Marburg, Jonas Verlag, 2004, 261 p. Return to text

27 Vantoch Victoria, The Jet Sex: Airline Stewardesses and the Making of an American Icon, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 2013, 287 p. Return to text

28 Pan Am, États-Unis, ABC, 2011 ; Scott Tony, Top Gun, États-Unis, Paramount Pictures, 1986 ; Kosinski J., Top Gun: Maverick, op. cit. ; Pirès Gérard, Les Chevaliers du ciel, France, Mandarin Films, 2005 ; Wellman William A., Wings, États-Unis, Paramount Pictures, 1927. Return to text

29 Si la femme experte, Charlie, docteure en astrophysique, constitue un maillon important de l’intrigue du premier Top Gun, celle-ci finit néanmoins par céder – aux sens figuré et littéral – à l’aviateur. Voir pour une étude plus générale dans le secteur aérospatial : WeitekampMargaret A., Right Stuff, Wrong Sex: America’s First Women in Space Program, Baltimore, Md., Johns Hopkins University Press, 2004, 232 p. Return to text

30 Lapeyre Nathalie et Dufour Tom, « Femmes au travail dans l’industrie aéronautique », Le Patrimoine. Histoire, Culture et Créations de l’Occitanie, n° 58, printemps 2020, pp. 52‑59. Return to text

31 En 2018, 8 % des personnels techniques d’Air France Industries étaient des femmes. Lapeyre Nathalie, Le Nouvel Âge des femmes au travail, Paris, Presses de Sciences Po, 2019, 207 p. ; Pourcher Bernard, « Les Elles d’Air France », Le Blog Gallica, 21 septembre 2018, <https://gallica.bnf.fr/blog/21092018/les-elles-dair-france> consulté le 10/06/2022. Return to text

32 Réponse issue d’un sondage, citée dans : « Introduction », in Bridges Donna, Neal-Smith Jane et Mills Albert J. (eds.), Absent Aviators: Gender Issues in Aviation, Burlington, Ashgate, 2014, p. 2. Return to text

33 Scott Joan W., De l’utilité du genre, traduit par Claude Servan-Schreiber, Paris, Fayard, 2012, p. 45. Return to text

34 Tiemeyer Philip James, Plane Queer: Labor, Sexuality, and AIDS in the History of Male Flight Attendants, Berkeley, University of California Press, 2013, 288 p. Return to text

35 Barnier Louis-Marie, Calame Chloé et Vandewattyne Jean, « Le low cost dans le secteur aérien : Vers une reconfiguration systémique de la production ? », La Nouvelle Revue du Travail, n° 12, mai 2018, <https://doi.org/10.4000/nrt.3527> consulté le 31/05/2022. Return to text

References

Electronic reference

Damien Accoulon and Tom Dufour, « Des airs genrés ? », Nacelles [Online], 12 | 2022, Online since 20 juin 2022, connection on 03 mars 2024. URL : http://interfas.univ-tlse2.fr/nacelles/1618

Authors

Damien Accoulon

ATER et doctorant, université Paris-Nanterre (EA 4414 HAR) / Technische Universität Braunschweig (Institut für Geschichtswissenschaft)
daccoulon@parisnanterre.fr

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Tom Dufour

Doctorant à l’université Toulouse-Jean Jaurès, FRAMESPA-CNRS
tomdufour01@gmail.com

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