L’autofiction russophone en exil : de l’identité fluide à l’expansion générique
- Russian-language Émigré Autofiction: From Fluid Identity to Generic Expansion
- Русскоязычный эмигрантский автофикшн: от флюидной идентичности к жанровому расширению
DOI : https://doi.org/10.66488/irta3499
p. 227-262
Full text document will be published online on novembre 2026.
Abstracts
Cet article analyse l’autofiction russophone en exil comme un phénomène littéraire né dans le contexte de la crise politique et migratoire postérieure à 2022. À partir de textes contemporains, l’autofiction y est envisagée non seulement comme une forme de représentation de l’expérience personnelle et de la crise identitaire, mais aussi comme une pratique performative construisant un « moi » fluide. Une attention particulière est portée aux stratégies éditoriales du « nouveau tamizdat », ainsi qu’à la transformation des frontières génériques de l’autofiction dans le contexte socioculturel contemporain. L’article propose le concept d’identité fluide comme clé de lecture de la poétique et de l’éthique de l’écriture autofictionnelle. L’analyse du livre de Polina Barskova, Les Sibylles, ou Le Livre des merveilleuses métamorphoses (Sibilly, ili kniga o čudesnyx prevraščenijax), prise comme étude de cas, montre comment l’autofiction devient un genre performatif combinant les modalités du documentaire, de l’imaginaire et du traumatique. Il en résulte qu’à l’automne 2025, l’autofiction russophone de l’émigration se trouve dans une phase d’expansion générique.
The article examines Russian-language émigré autofiction as a literary phenomenon emerging in the context of political crisis and migration after 2022. Drawing on contemporary texts, autofiction is analysed not only as a representation of personal experience and identity crisis, but also as a performative practice that constructs a fluid self. Particular attention is given to the publishing strategies of the “new tamizdat” and to the transformation of autofiction’s generic boundaries in relation to changing sociocultural conditions. The article introduces the concept of fluid identity as a key to understanding the poetics and ethical orientation of autofictional writing. A case study of Polina Barskova’s The Sybils, or The Book of Marvelous Transformations demonstrates how autofiction functions as a performative genre combining documentary, imaginative, and traumatic modalities of experience. The article concludes that Russian-language émigré autofiction in the autumn of 2025 is undergoing an active phase of generic expansion.
Статья посвящена исследованию русскоязычного эмигрантского автофикшна как особого литературного явления, формирующегося в условиях политического кризиса и эмиграции после 2022 года. На материале современных текстов автофикшн рассматривается не только как форма репрезентации личного опыта и кризиса идентичности, но и как перформативная практика, конструирующая флюидное «Я». Особое внимание уделяется издательским стратегиям «нового тамиздата» и трансформации жанровых границ автофикшна в связи с изменением социокультурного контекста. В статье рассматривается концепт флюидной идентичности как ключ к пониманию поэтики эмигрантского письма и его этических установок. Анализ книги Полины Барсковой «Сибиллы, или Книга о чудесных превращениях» в качестве case study показывает, как автофикшн становится перформативным жанром, совмещающим модальности документального, воображаемого и травматического опыта. Делается вывод, что русскоязычный эмигрантский автофикшн осени 2025 года находится на стадии активного расширения жанровых признаков.
Index
References
Electronic reference
Larissa Muraveva, « L’autofiction russophone en exil : de l’identité fluide à l’expansion générique », Slavica Occitania [Online], 63 | 2026, Online since 20 novembre 2026, connection on 14 septembre 2026. URL : https://interfas.univ-tlse2.fr/slavicaoccitania/5255. DOI : https://doi.org/10.66488/irta3499
Author
Larissa Muraveva
Larissa Muraveva (Ph.D., Moscou, 2017) est devenue maîtresse de conférences à l’Université d’État de Saint-Pétersbourg en 2018, où elle a enseigné jusqu’en 2022. Elle est actuellement chercheuse à l’Université Grenoble-Alpes, umr 5316 Litt&Arts (programme pause), et enseigne dans le cadre du projet « Smolny Beyond Borders: A Liberal Arts Initiative », destiné aux étudiant•e•s en exil. Autrice de plus de cinquante publications en russe, anglais et français, ses domaines de recherche incluent la narratologie, l’autofiction, la théorie des médias et les trauma studies. Ses articles et travaux sont parus notamment dans Novoe Literaturnoe Obozrenie, Diegesis et European Journal of Life-Writing. Elle a contribué au Handbook of Diachronic Narratology (Walter de Gruyter, 2023) et a coédité, avec John Pier, les actes du colloque « Transfert narratologique : La narratologie française en Russie et la narratologie russe en France », organisé au Centre d’études franco-russes de Moscou le 12 juillet 2017 (Paris, ehess, 2019). Elle est également écrivaine, autrice du livre Écrit à Berlin-Ouest (Napisano v Zapadnom Berline, shell(f), Belgrade, 2025). Sa monographie Autofiction: Narrating the Sensitive est parue chez De Gruyter en 2026.
Courriel : larisa.muraveva@univ-grenoble-alpes.fr
