La Terre-Mère contre l’impérialisme ? Le motif de la terre comme outil féministe dans la littérature russophone après février 2022
- Mother Earth Against Imperialism? The Motif of the Earth as a Feminist Tool in Russian-language Texts After 2022
- Мать-земля против империализма? Мотив земли как феминистский инструмент в русскоязычной литературе вокруг 2022-го года
DOI : https://doi.org/10.66488/ekis4527
p. 293-315
Ce document sera publié en ligne en texte intégral en novembre 2026.
Résumés
Cet article a pour objectif d’esquisser un panorama des usages du motif de la terre dans plusieurs textes, différents par leur genre et leur forme, mais tous publiés après l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022, et écrits par des femmes et des personnes non binaires originaires de Russie et du Bélarus : le recueil de nouvelles forêt noire de tony lashden, le roman autofictionnel Je souhaite des cendres à ma maison de Daria Serenko, la pièce Nous ne sommes plus de Tatiana Frolova et l’essai philosophique Patrie d’Oksana Timofeïeva. Dans une perspective antiguerre et (éco)féministe, propre à ces textes, le motif de la terre, largement mobilisé dans le discours patriotique, se transforme au contraire en un outil de résistance à l’impérialisme de la Russie poutinienne. Cette relecture s’opère par le biais d’une remise en question des stéréotypes de genre associés à l’ambivalence de l’image de la terre (symbolisant à la fois la naissance et la mort, la nourriture et la décomposition, etc.), ainsi qu’à la polysémie même du terme (terre comme matière, territoire ou planète).
This article aims to outline the uses of the motif of earth in several texts that differ in genre and form, yet were all published after Russia’s invasion of Ukraine on February 24th, 2022, and were written by women and non-binary authors from Russia and Belarus: the short story collection black forest by tony lashden, the autofictional novel I Wish Ashes Upon My Home by Daria Serenko, the play We Are No Longer by Tatiana Frolova, and the philosophical essay Homeland by Oksana Timofeeva. From an anti-war and (eco)feminist perspective common to all these works, the motif of the earth—widely employed in patriotic discourse—is instead transformed into a tool of resistance against the imperialism of Putin’s Russia. This reinterpretation is achieved through a questioning of gender stereotypes linked with the ambivalence of the image of the earth (associated with birth and death, nourishment and decay), as well as with the polysemy of the term itself (earth as substance, territory, or planet).
Цель данной статьи – набросать панораму использования мотива земли в нескольких текстах, отличающихся друг от друга жанром и формой, но опубликованных после российского вторжения в Украину 24 февраля 2022 года и написанных женщинами и небинарными людьми из России и Беларуси: сборник рассказов «чорны лес» тони лашдена, автофикциональный роман «Я желаю пепла своему дому» Дарьи Серенко, пьеса «Нас больше нет» Татьяны Фроловой и философское эссе «Родина» Оксаны Тимофеевой. В антивоенной и (эко)феминистской перспективе, в рамках которой созданы эти тексты, мотив земли, широко используемый в патриотическом дискурсе, превращается, напротив, в инструмент сопротивления империализму путинской России. Это происходит за счёт обыгрывания гендерных стереотипов, связанных с амбивалентностью образа земли (ассоциируемой с рождением и смертью, пищей и разложением) и полисемией самого термина (вещество, территория, планета).
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Référence électronique
Liliya Dyachenko-Escalle, « La Terre-Mère contre l’impérialisme ? Le motif de la terre comme outil féministe dans la littérature russophone après février 2022 », Slavica Occitania [En ligne], 63 | 2026, mis en ligne le 20 novembre 2026, consulté le 16 octobre 2026. URL : https://interfas.univ-tlse2.fr/slavicaoccitania/5271. DOI : https://doi.org/10.66488/ekis4527
Auteur
Liliya Dyachenko-Escalle
Liliya Dyachenko-Escalle est actuellement chargée d’enseignement en littérature russe à l’Université de Genève. Elle y rédige une thèse de doctorat, en cotutelle avec Sorbonne Université, sur les conceptions nationalistes et impérialistes de la langue chez Andreï Biély et Alexeï Remizov. Elle s’intéresse également à la littérature russophone contemporaine dans l’optique des études féministes. Elle a initié, entre Genève et Paris, un cycle de conférences sur les artistes russophones en exil depuis 2022. Elle a publié des articles dans La Revue des études slaves, La Revue russe et Slavica Occitania. Elle est membre du projet Numerislav consacré au traitement et valorisation des archives de l’Institut d’études slaves de Paris.
Courriel : liliya.dyachenko@outlook.fr
